Ken no yami

A l'intérieur...

I don't wanna hope your back now

le 21/06/2008 à 02h59
Elle regarde l'écran, silencieuse. A ses oreilles, la musique, en boucle, toujours... Ses doigts valsent sur les touches sans appuyer. Elle ne sait pas comment faire. Elle ne sait pas comment le dire. Elle ne sait pas quels mots utiliser.

J'ai envie de pleurer et en même temps je veux pas. Parce que c'est vraiment trop nul de pleurer toute seule dans sa chambre à 3h du mat. Parce que j'ai trop pleuré pour trop de choses. Ou peut-être parce que je suis de nature contradictoire, y'a de ça aussi.

Elle pense à toutes ces choses qui la composent et font ce qu'elle est. Elle pense au temps qui passe et qui s'emboîte avec le hasard et les coïncidences. Elle pense à sa naïveté, à son insouciance. Elle se demande si elle s'est fait manipuler.

Est-ce que j'aurai mal ? Est-ce que je me sentirai coupable ? Aha... Question idiote. J'ai toujours mal. Je me sens toujours coupable de tout. Est-ce que ça fera mal quand il sera plus là ? J'ai toujours regardé ça d'un oeil indifférent. J'ai toujours vécu dans l'idée qu'il puisse mourir le lendemain. Je suis préparée et en même temps non.

Elle se souvient de la conversation que sa mère a eu au téléphone. "J'ai peur du manque, en même temps, ce qui va me manquer je l'ai jamais eu." Elle s'en souvient, oui. A ce souvenir, elle avale sa salive qui a un goût étrangement amer. Elle déteste se souvenir de ces moments-là. Car elle sait très bien que ces mots, de l'autre côté du mur, elle voulait qu'elle les entende.

Je ne sais pas si ça doit me faire rire ou pleurer. Les gens ne comprennent jamais. Pas ceux de mon âge. Pas ceux à qui je parle dans la cour ou dans la rue. Ils ne conçoivent pas l'idée qu'on puisse détester sa propre famille, qu'on puisse ressentir une bouffée de haine rien qu'en y songeant par hasard. Est-ce que c'est mal ? Est-ce que c'est tellement anormal ?

"Tu crois que tu ... détesteras toujours autant ? Qu'un jour ça se calmera pas ?" Elle ne sait pas. Elle ne sait pas si elle a envie de pardonner. C'est trop facile. C'est trop simple. Elle a trop pardonné. Elle pardonne trop. Oui, elle pardonne, et les reproches qu'elle pourrait faire, elle garde. Car si ça explose, tout s'écroulera... Il faut bien que le peu qui tient encore tienne jusqu'à la fin, non ?

Je ... en veux. Oui, beaucoup. J'ai l'impression que c'est à cause d' / de ... si je suis comme ça. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer quand on me dit "Je sais pas comment tu fais" "A ta place je pousserai une gueulante". Des jours entiers j'ai envie de crier, de hurler, de taper sur les murs, de me frapper ou de frapper quelqu'un d'autre. Et là je me dis que je suis folle. Que je deviens folle en gardant tout. J'ai l'impression qu'un jour ça va éclater et qu'on va m'enfermer.

Il faut qu'elle parte. Qu'elle s'en aille. Elle regarde sa chambre. Un gros fouillis, enfin... Autant qu'elle peut se le permette. En tout cas un léger fouillis plein de couleurs. Elle songe à son futur chez elle. Elle veut qu'il soit pareil, plein de couleur et de murs. Elle se souvient de ce que ses amis lui disent tout le temps. "On se sent bien dès qu'on entre dans ta chambre." Elle pense au reste de la maison. Elle a froid. Elle a l'impression que le froid avance un peu plus chaque année. Maintenant il lui suffit d'être dans le couloir pour avoir froid. Il lui suffit juste de sortir de sa chambre.

J'en ai marre de ce froid. J'en ai marre de cette boule dans ma gorge. Envie de pleurer. Envie d'ouvrir la fenêtre. Envie de partir de chez moi en courant. Marre de ces nuits où je me réveille toutes les heures. Marre des cauchemars. Marre de ce monde qui s'accroche à moi.

Elle se souvient. Elle se souvient de ce qu'elle lui dit des fois. "Quand quelqu'un meurt, une personne qu'elle aimait et qui est morte vient la chercher." La ferme. Ta gueule. Boucle la. Elle déteste. Pourtant ça se rapproche. Le hasard n'existe pas. Où qu'elle aille ça recommence. Sans tout ça, elle aurait peut-être été quelqu'un de normal, quelqu'un comme les autres, comme tous ceux qu'elle voit dans sa classe.

"J'ai l'impression que les autres s'éloignent de moi. Je suis indispensable à personne dans la classe, enfin pas en tant qu'amie." "Tu impressionnes mal.". Ah oui ? Ce n'est pas une impression. Je sais ce que c'est d'être à l'écart. Je l'ai vécu quatre ans. Et ça a recommencé. Je pensais être quelqu'un d'autre. Je pensais être devenu quelqu'un capable de se sentir appréciée pour ce qu'elle est. C'est pas le cas. Le pire c'est quand les autres nient, quand ils n'osent pas avouer ce que vous êtes. J'ai perdu cette impression de faire partie d'un tout que j'avais l'année dernière. Qu'est-ce qui a changé ? Est-ce que je suis tombée sur une génération pourrie qui exclut en redoublant ?

Elle se rappelle ce qui faisait sa force. Elle se rappelle combien elle était sûre d'elle. Mais c'est fini, c'est cassé. Est-ce que ça recommencera jamais ? Elle espère. Ca doit faire du bien de se sentir aimé. Ca doit faire plaisir d'être dans des bras. Puis non. A cet âge, ça s'arrête. Ca s'arrête au lit. Elle a peur d'avoir mal. Elle a peur de se faire avoir. Elle a peur d'être mal comprise, d'être prise pour une autre. Elle a peur d'être trop manipulée. Elle croyait être quelqu'un n'ayant plus un besoin des autres excessif. Elle s'est fait avoir, encore.

J'ai envie de frapper. J'ai envie de dire réellement ce que je pense. J'ai envie de leur montrer à quel point ils font mal ces cons. Tu m'as fait mal, mais tu nies, tu veux même pas voir la réalité en face. Elle a envie déjà d'être vieille. D'être suffisamment vieille pour se tirer quelque part, ailleurs, loin, très loin. D'être auprès de quelqu'un. Quelqu'un auprès de qui elle n'aura pas peur d'être faible pour être ensuite rejetée. C'est à croire qu'elle a pas le droit d'être faible. Elle a envie de leur hurler. Je ne suis pas là pour te tenir ou te soutenir. Je ne suis pas là pour être ta mère. C'est pas mon rôle. Je suis pas une dame de fer. Elle ne peut pas rester debout sous tous les coups. Des fois, elle voudrait flancher, tomber. Mais non. Forte, il faut être forte. Elle déteste les faibles, ceux qui sont pas capables d'avoir suffisamment de volonté pour se battre. Elle en veut. Elle en veut à ceux qui ne le font pas.

"Plus tard, je veux que mon enfant me voit comme quelqu'un de fort, quelqu'un qui s'est battu pour y arriver. A quoi ça sert de traverser des épreuves, si on est même pas capable de lui montrer cet image ?"

A quoi ça sert ? A quoi ça sert ? A quoi ça sert de rester là, prostrée dans son lit, la tête entre les mains, puis de se lever, d'enfiler ses chaussures, de dire qu'elle va quelque part et surtout ailleurs puis de partir. C'est quoi le but ? C'est quoi la gloire ? Où est le mérite d'avoir fui ce froid ? Ces yeux glacials de poupées qui vous suivent jusqu'à la porte d'entrée, et sans ciller...Sans pleurer.

What is love ?

le 18/03/2008 à 19h22
Ah, mais qu'est-ce que l'amour ? Je me le demande bien...

Je me le demande tous les jours en fait...

Au réveil, c'est tellement confortable, emmitoufler sous sa couette, serrer quelque chose de chaud contre soi en dormant paisiblement. J'aimerais que ça dure éternellement, comme une étreinte infinie, une promesse éternelle. Puis ça émerge, ça surgit à la surface, limpide et clair, en dehors de toute pudeur.

Est-ce que tu as envie d'être aimée ?

Les yeux verts s'entrouvrent et fixent le plafond, rêveurs. Et lentement, ça revient en mémoire, la tristesse, la douleur, le désespoir, cette impression désagréable de tomber, tomber sans fin sans pouvoir se raccrocher à rien... La chute rude et brutal... Se voiler la face puis laisser tomber les masques... Ah, mais qu'est-ce que cette faiblesse ? Non, ce n'est pas pour moi, je n'en veux pas. Je suis déjà droguée, droguée de liberté, je ne veux pas dépendre en plus de quelqu'un.

L'amour ? L'amour ? Ahahaha... Arrête de me faire rire. Il y a des gens faits pour ça. J'en fais pas partie. Triste. Bon, j'ai faim, y'a quoi dans le placard ?

C'est comme une lumière au bout d'un tunnel. Une main qui se tend pour délivrer de la noyade. Un être qui vous fait oublier la tempête qui règne autour et en vous. C'est comme ça que je vis. J'adore tendre la main aux gens. J'aurais tellement voulu qu'on me dise ces mots, ces simples mots. Tu as le droit d'être là. Tu as le droit d'exister. Tu as le droit d'être heureuse et d'être égoïste. Tu as le droit... De m'aimer ? Ah non, pas ça, à rayer de la liste. Tombe jamais amoureux de moi, mauvais, très mauvais. Je tend la main aux autres. Ils la prennent et veulent le bras tout de suite après, qu'est-ce que je hais ça...

Je n'aime pas être à quelqu'un. Je n'aime pas dépendre, et je déteste tout autant qu'on dépende de moi. 

C'est chouette, je tends la main aux autres. En général quand j'ai envie que quelqu'un me tende la main, ce n'est pas une personne faite pour moi. Une personne qui n'a pas envie de l'amour que je pourrais lui donner et qui n'a pas envie de donner tout l'amour que je voudrais recevoir, et qu'en fin de compte je donne à des pauvres gens perdus comme moi. Je ne suis pas faite pour ça. Je ne sais pas aimer naturellement. J'aime trop fort. Et je me déteste pour ça.

J'aurais voulu plein de choses. J'aurais voulu être quelqu'un d'autre. Avec le temps j'ai fini par m'habituer à moi, à apprendre à vivre avec la fille que je voyais dans le miroir. Mais ça a ressurgit. Et ça a fait mal. Moins que la première fois, mais mal quand même. Ce sentiment d'infériorité. Cette impression de tellement dépendre de ce qu'il y a autour de soi. Ce sentiment d'être toute petite à côté des autres. Ce sentiment d'être impersonnelle et de se modifier selon leurs envies. Les masques sont réapparus. Où est moi ?

La lumière au bout du tunnel est fausse. On pourra toujours trouver la personne "rien que pour soi". Ce sera beau. Ce sera magnifique. La réalisation d'un rêve que toutes les petites filles ont alimenté pendant leur adolescence. Il y aura toujours la tempête autour de soi. J'ai fini par changer d'ampoule. Cette lumière ce n'est plus lui, ce n'est plus elle. Ce n'est plus ce quelqu'un rien que pour moi. Car comment pourrait-on être rien que pour moi quand c'est moi qui m'adapte aux autres ? Qui est la personne rien que pour le caméléon ? Ma lumière c'est le futur. C'est le futur en grand, c'est le futur en très beau. Ma lumière c'est tous ces lieux envahis d'enfants qui riront. Ma lumière n'a pas de ténèbres. Ma lumière ne les comporte pas eux. C'est mon avenir... Mais comment me battre pour lui s'il n'y a plus de moi ?

J'ai peur, j'ai affreusement peur. Je veux retrouver moi. Je veux trouver mon moi. Mon moi qui n'avait plus peur de lui-même. Mon moi qui n'avait pas peur de tendre la main vers les autres. Mon moi qui n'avait pas peur de rire à la face du monde. Mon moi qui aimait se regarder dans une glace. Je veux trouver moi. Je veux que moi trouve lui. Je veux que moi et lui soyons dans cette douce lumière tellement chère à mon coeur. Je veux cesser de trembler.

Je veux dormir...

Je voudrais savoir...

le 08/11/2007 à 16h51
Dis...

Pourquoi est-ce qu'on fait des enfants ?

Je ne veux plus.

Je ne veux plus en avoir.

Pas si on est pas capable de les protéger de soi. De sa malédiction.

Je ne porterai jamais cet être que j'ai souhaité si ardemment.

Cadeau de celui qui m'aurait été le plus cher au monde.

Faire naître pour faire souffrir, moi qui garde toute ma haine à l'intérieur et qui me hait pour cela.

Non, je ne veux pas.

Je ne veux pas imposer cela au plus innocent de tous.
* ... *

C'est quand que je la verrai, ma grande soeur ?

Dis ?

C'est quand ?

 * ... *
"Ben qu'est-ce que t'as ?"

"..."

"Allay, bouge, tu vas faire peur aux autres sinon, on dirait que tes piles se sont épuisées !"

"..."

"... T'es morte ?"

"..."

"Tu fais peur quand tu regardes le vide comme ça sans rien dire, tu le sais ?"

"..."

"... Tu veux que je te raconte une blague ?"

"..."

"... Ouais bon ok, on va se taper une petite nuit nostalgie demain, ça va être cool, juste histoire que tu nous fasses pas une dépression d'un mois..."

"..."

"... T'es chiante, tu le sais ça hein ?"

"... Oui..."

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