Ken no yami

Extraits ~ Livres

True Tales of American Life

le 24/04/2008 à 01h40
Attention mesdames zet messieurs, pour la première fois sur vos écrans un texte en anglais \o/ ! Pourquoi en anglais ? Et bien parce qu'il était dans mon livre d'anglais tout simplement u_u !

The New Girl

It was a hot, bright day. Everything was burning -- the roofs, the shrubs(1), the asphalt, our bike seats, our skin, our hair. Allison's father was watering the lawn, and Allison and I rode our bikes over the soggy grass and through the whirling(2) water that jetted out of the sprinkler(3).

I lived on Prospect Street then. I was eight and Allison was ten. We were the only kids on the block, so we were best friends by default. I looked up to Allison, even though I didn't share her interest in Barbies and Hall and Oates(4). During the summer, we spend a lot of time riding our bikes, playing Clue, and pretending to be married. But I don't think she liked me very much, and I don't know if I liked her either. [...]

I was the firest to see the younger girl standing in the middle of Prospect Street, straddling(5) her bike, watching us. I heard someone laughing when I almost collided with Allison. I looked up, and there she was.

I smiled. She smiled back.

Prospect Street was in a white, lower-middle-class neighborhood. Most of the houses were about seventy years old, of simple, sturdy design. [...]

The girl, dressed in Kelly-green shorts and a T-shirt, looked small against the plainness of the road, but her smile was expansive. The house across the street from Allison's had been sold the week before, and I guessed the girl must have moved in there with her family.

As Allison came out from under the arc of water, she looked at me. Then she stopped her bike turned to see what I was grinning(6) at. As I said hi to the girl, I heard Allison say, "Get out of here, nigger," with such contempt(7) that I froze, my smile still glued on my face.

The girl kept smiling, too. Allison swung one leg over her bike seat and faced the girl. Holding her bike with one hand, Allison pointed to the house across the street with the other. "I said get out of here, niggher, or I'll beat you up."

The girl's smile disappeard. I also stopped smiling and looked at Allison. Her eyes were drawn into slits(8), and her long hair was dripping with the water that shot against the small of her back every time the sprinkler swung in our direction. [...]

I turned back to the girl and twisted my mouth into a sneer(9), trying to imitate the hatred I had seen on Allison's face. I avoided the girl's eyes. The girl said, "I thought maybe we could play. My name is --" Allison spat back, "I don't play with niggers."

I watched the girl roll her bike across Prospect Street and dump it on the lawn of her house. She shuffled(10) up the porch steps, her head down, her chin quivering(11), and disappeared into the house. [...]

"Who was that ?" I asked Allison, watching the hand lower out of sight and the curtains drift back together.

"Who cares," she said. "They moved in last week, and Mom says they're going to ruin our house."

"How are they going to ruin your house ?"

"I don't know. I don't want that black girl anywhere near me, though," she said.

And here is what I said back: "Niggers are stupid. Maybe they'll move." We rode our bike up and down the lawn for a little while longer. [...]

I kept expecting the younger girl's mother to emerge from the house and demand that we apologize to her daughter. But that didn't happen. As the sun began to set and I rode home for dinner, my stomach was twisted in a tight knot(12).

Afterward, from time to time, I would see the little girl in her front yard, playing with friends, but I never spoke to her, and I never said I was sorry. I was usually with Allison. All through the summer, the knot in my stomach swelled(13) and grew tighter until it became impossible to untie. When the girl and her mother moved away a few months later, I hoped the knot would disappear. I didn't.

This happened twenty years ago, but I still think about that afternoon almost every day. I never spoke to Allison after my family left Prospect Street, but I hope she thinks about the little girl as well. And I hope more than anything that the girl and her mother have forgotten about me, but I know they haven't.

MARC MITCHELL, in: True Tales of American Life, 2001.

(1) Arbustes
(2) Tourbillonnante
(3) Arrosoir
(4) Duo of US singers
(5) Straddle: enfourcher
(6) Grin at: sourire
(7) Mépris
(8) Plissés
(9) Ricanement
(10) Shuffle: traîner les pieds
(11) = trembling
(12) Noué
(13) Swell: grossir

Chagrin d'école

le 22/04/2008 à 01h29
II
DEVENIR
"J'ai douze ans et demi
et je n'ai rien fait"

5

   Il y a ce père, agacé, qui m'affirme, catégorique :

   _ Mon fils manque de maturité.

   Un homme jeune, strictement assis dans les perpendiculaires de son costume. Droit sur sa chaise, il déclare d'entrée de jeu que son fils manque de maturité. C'est une constatation. Ca n'appelle ni question ni commentaire. Ca exige une solution, point final. Je demande tout de même l'âge du fils en question.
   Réponse immédiate :

   _ Onze ans déjà.

   C'est un jour où je ne suis pas en forme. Ma dormi, peut-être. Je prends mon front entre mes mains, pour déclarer, finalement, en Raspoutine infaillible :

   _ J'ai la solution.
   Il lève un sourcil. Regard satisfait. Bon, nous sommes entre professionnels. Bon, cette solution ?
   Je la lui donne :

   _ Attendez.

   Il n'est pas content. La conversation n'ira pas beaucoup plus loin.

   _ Ce gosse ne peut tout de même pas passer son temps à jouer !

   Le lendemain je croise le même père dans la rue. Même costume, même raideur, même attaché-case.
   Mais il se déplace en trottinette.
   Je jure que c'est vrai.

"Chagrin d'école" de Daniel Pennac

Books powa !

le 27/12/2007 à 14h40
"Chocolat" de Joanne Harris

"Acide sulfurique" d'Amélie Nothomb

"Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb

"Les Animaux fantastiques" de Newt Scamander

"L'Assomoir" d'Emile Zola

"Le Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare

"La Princesse de Clèves" de Madame de Lafayette

"Balzac et la Petite Tailleuse chinoise" de Dai Sijie

"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset

"Carmen" de Prosper Mérimée

"Le Grand Secret" de Barjavel

"De l'inceste" de Françoise Héritier, Boris Cyrulnik et Aldo Naouri

"HAIKU - Anthologie du poème court japonais" de Corinne Atlan et Zéno Bianu

"Maliki broie la vie en rose - Tome 1"

"Togari" toute la série (8 tomes) de Yoshinori Natsume

Hum... Je m'étonne moi-même là XD

(J'ai replongé dans le côté obscur de la force...)

La fin de l'hiver

le 24/06/2007 à 02h35
  Elle regagna sa chambre et se fourra au lit, sans prendre la peine de se mettre en pyjama, de se brosser les dents ni d'éteindre la lumière.

  Elle était toujours allongée, les yeux grands ouverts, quand Julia rentra dans sa chambre.

- Regarde ce que je t'apporte, lança-t-elle gaiement, visiblement dans sa phase Mère Teresa.

- Quoi ? fit Carmen d'une petite voix.

- Des scones aux raisons, ceux que tu adores. Tu savais qu'ils les préparaient le soir ? J'en ai pris trois, ils sont tout chauds !

  Elle étira le O en le modulant comme une chanson.

  Carmen se redressa dans son lit. Elle considérait les scones comme la nourriture la plus réconfortante de tout le système solaire.

  Mais en voyant Julia, elle eut un déclic. Julia avait l'air heureuse. Pas le genre de gaieté qu'on affiche pour remonter le moral d'une copine, non, profondément heureuse. Alors que Carmen, elle, se sentait - et avait clairement l'air - profondément malheureuse.

  Tout de suite après, Carmen eut un nouveau déclic. Elle se souvint que, quelques semaines plus tôt, c'était Julia qui avait l'air malheureuse. Période qui correspondait à celle où elle-même se sentait et avait clairement l'air heureuse.

  Etait-ce une coïncidence ? Sans doute pas.

  Julia était heureuse quand Carmen était malheureuse. En fait, c'était sa tristesse même qui semblait susciter son épanouissement. A l'inverse, le bonheur de Carmen la démoralisait.

  Voilà qui n'était pas dans l'ordre des choses. Gravement pas, même. Quel genre d'ami peut se réjouir de votre malheur ?

  La réponse était claire. Aucun.

  Elle s'allongea, le cerveau en éveil.

  Elle songea à sa pitoyable résolution de se montrer digne de l'amitié de Julia. Elle qui s'était imaginé que si elle perdait du poids et qu'elle se secouait un peu, Julia l'en aimerait davantage ! N'importe quoi ! Si Julia l'aimait bien, c'était précisement pour ses défauts ! Chaque échec de Carmen servait à la rassurer. Ses rares exemples de réussite n'avaient suscité chez elle que du mépris, voire des actes de sabotage.

  Julia sembla percevoir un changement d'atmosphère mais insista néanmoins :

- Beurre ? Confiture ? Beurre et confiture ?

  Même là, au fin fond du doute, de la confusion et du désespoir, Carmen craignait encore de la décevoir. Pour elle, l'amitié était une valeur qui comptait.

- Non merci, dit-elle. Je suis fatiguée.

- Tu es sûre ? Ils sont tout chauds. Ce ne sera plus le cas demain matin.

  Avec Julia, refuser n'était pas simple.

- Non merci, répéta Carmen.

  Julia pinça les lèvres.

- Pas de problème. Je les laisse sur ton bureau.

- Merci, murmura Carmen d'une voix morne.

  Elle fit l'effort de se lever pour se brosser les dents et mettre le T-shirt qui lui servait de pyjama, et se glissa de nouveau sous ses draps.

- Ca t'ennuie si j'éteins ?

  Julia s'empara aussitôt d'un livre qui traînait par terre.

- Je vais lire un peu.

  Carmen essaya de dormir. Impossible. Elle était tellement mal qu'elle ne parvenait pas à trouver un subterfuge pour se réconforter.

  Soudain, elle eut une idée.

  Sous un froncement de sourcils suspicieux de Julia, Carmen ramassa son texte au bout de son lit et se faufila dans le couloir. Assise par terre sous l'ampoule, elle entrprit de se réapproprier le personnage de Perdita, la fille perdue qu'elle avait perdue.

[...]

  Ce matin-là, Carmen s'habilla sous l'oeil scrutateur de Julia. Elle se força à mettre du rouge à lèvres, même si elle n'en avait pas envie. Il y a parfois moyen de se berner soi-même.

  Elle laissa tous les livres qu'elle avait pris l'habitude de trimballer partout. Elle laissa même son texte, illisible tant il était annoté.

  En revanche, elle ramassa le sachet de scones avant de franchir la porte. Cela, au moins, parut faire plaisir à Julia.

  Carmen garda les scones jusqu'à la porte d'entrée, où elle les balança à la poubelle.

[...]

  Carmen n'ôtit plus les fleurs de Perdita de ses cheveux. Elle se taisait, n'ouvrant la bouche que sur scène. Le reste du temps, elle flottait dans une sorte de rêve. Pendant trois jours, elle ne jeta pas un seul coup d'oeil sur son texte.

  Le moment le plus dur, c'était les quelques heures de la nuit qu'elle passait dans sa chambre. Il n'était pas facile de demeurer insensible aux tentatives de séduction de Julia. Et peut-être encore plus à sa rage muette.

  "Elle ne veut pas que je sois heureuse", se répétait-elle pour tenir à distance les ondes nocives de Julia.

  Elle quittait rarement son costume, savourant le contact de ces textures nouvelles sur sa peau. Elle écoutait parler Léonte. Et Polixène, et Autolycus, et Paulina. Son cerveau baignait dans une langue somptueuse et elle en oubliait presque totalement de penser.

  Elle disait son texte sans regarder Andrew et il ne faisait pas de commentaires. Elle savait qu'ils avaient tous les deux confiance : elle y arriverait.

[...]

  A la fin de l'entracte, Carmen jeta un coup d'oeil dans la salle qui se remplissait à novueau. Au moment où les lumières s'éteignaient, elle vit trois personnes entrer par la porte principale. Son coeur manqua un battement. Le temps s'arrêta alors qu'elle les regardait descendre l'allée centrale : trois adolescentes en file indienne.

  Elles étaient si grandes, si belles, si lumineuses, si éblouissantes à ses yeux qu'elle crut rêver. On aurait dit des déesses, des Titans. Carmen était tellement fière d'elles ! Elles étaient bienvaillantes, elles étaient droites. Ca, c'étaient des amies.

  Lena, Tibby et Bee étaient là, dans ce théâtre, et elles étaient venues pour elle. Son grand soir était le leur. Sa joie était la leur ; ses peines étaient les leurs. C'était aussi simple que cela.

  Elles étaient magnifiques toutes les trois et, en leur présence, elle l'était aussi.

  Soutenue par ses amies, Carmen redécouvrit la simplicité qu'elle avait perdue. Elles lui permirent de retrouver la voix de Perdita comme elle l'avait entendue au début. Ca faisait du bien de pouvoir revenir sur ses pas.

  Mais le plus grand miracle, ce fut sa brusque compréhension des dernières scènes de la pièce : les retrouvailles, la fin de la brouille, la fin de l'hiver. Elle avait compris dès le début ce que ressentait la fille perdue, et voilà qu'elle comprenait également la fille retrouvée.

Devant six cent vingt personnes, dont trois représentaient tout pour elle, l'hiver de Carmen prit fin et elle sut qu'elle avait retrouvé toute son exubérance.

"Quatre filles et un jean - Le dernier été" d'Ann Brashares


Elle n'était qu'une gamine

le 13/03/2007 à 14h11

Elle dégagea un shamisen de son étui, prit son plectre d'ivoire, accorda l'intrusment. D'un geste impétueux, elle fit résonner les cordes. Ce fut comme l'éclat du tonnerre dans un ciel d'été. Le vent souffla, courba les arbres, déchira les nuages d'encre. Les bruits sourds du plectre entraînaient des éclairs qui se précipitaient des montagnes. Les cascades se changeaient en torrents, les fleuves grossissaient, la mer, agitée par les rafales, se jetait sur la grève où rampait l'écume. Une voix rauque s'éleva. Elle chantait l'amour déçu, l'abandon, les ténèbres. Je fus saisi de cette désolation qui s'abat parfois sur les ivrognes joyeux, ému aux larmes par la misère de la passion qu'elle me faisait entendre. Soudain, tel un vase qui se brise, la musique cessa, la voix se tut.


Autour de moi, les officiers, le souffle coupé, se regardaient, interdits. Après nous avoir salués, l'apprentie geisha rangea son shamisen, s'inclina, et se retira dans un bruissement de kimono.

[...]

Elle me fixa intensément quelques secondes, puis baissa les yeux.

_ Vous avez rencontré ma fille, m'interrogea t-elle. Les soirées en sa compagnie étaient-elles plaisantes ?

Je lui répondis que j'admirais beaucoup ses talents de musicienne.

_ Ma fille a dix-sept ans. L'année dernière, elle devait déjà passer au rang de geisha confirmée. Vous savez sans doute que dans notre métier, une apprentie geisha ne peut acquérir le statut d'artiste sans avoir subi la cérémonie du mizu-age. Ma propre expèrience fut un cauchemar. J'ai décidé d'épargner à ma fille cette calamité. Je lui ai demandé de choisir son homme. Elle vous a désigné. Je me suis permis de me renseigner. On m'a tenu des propos très élogieux sur votre compte. Une belle carrière militaire vous attend. Vous êtes jeune et vous ne pourrez jamais payer la somme nécessaire à la cérémonie. Peu importe, j'ai choisi pour ma fille un destin heureux et je vous offre son corps. Si vous acceptez cette humble requête, je vous serai éternellement reconnaissante.

[...]

Un bruit presque imperceptible me fit lever. A l'entrée, Lumière, drapée d'un kimono blanc, s'inclina. Son visage peint, masque majestueux, la rendait encore plus inaccessible. Fantôme, elle traversa la chambre en silence et s'enferma dans une pièce voisine.

Elle en ressortit débarassée de son kimono d'apparat, enveloppée dans un yukata pourpre. Ses cheveux, d'un noir de jais, contrastaient avec le feu de la soie. Elle n'était qu'une gamine.

[...]

Ses bras le long du corps, elle faisait la morte. Lorsque j'écartai ses jambes, nerveuse, elle m'enlaça de toute sa force. Je dus lutter contre ses cuisses serrées comme un étau. Son sexe était glacé. Ma sueur dégoulinait et se mêlait à la sienne, creusant sur ses fards blancs des sillons noirs. Ses cheveux trempés serpentaient sur ses joues et pénétraient parfois dans ma bouche. Incapable de laisser échapper une plainte, elle ressemblait à un animal étranglé. J'eus envie de l'embrasser  mais ses lèvres maquillées de rouge vif me repoussaient. Je caressais son corps emmailloté dans le yukata. Il était moite, fiévreux, et partout où passaient mes doigts, il se couvrait de chair de poule. Soudain, je lus au fond de ses pupilles noires la crainte terrible que j'avais déjà vue dans les yeux des condamnés à mort avant leur exécution.

[...]

Je me masturbai. Mon sexe ne réagit pas. Tout à coup, m'apercevant de l'immobilité de la jeune fille, je crus qu'elle était morte étouffée.

Je soulevai le drap. Lumière pleurait.

Pour sauver la face, jem'entaillai le bras à l'aide d'un poignard et fis couler mon sang sur la bande de soie blanche qui devait être teintée par celui de la vierge. Peu avant l'aurore, j'aidai la jeune fille à repoudrer son visage. La bande ensanglantée enroulée dans la manche, elle s'en alla.

[...]

Je la revis deux ans plus tard, un soir de brume. De l'autre côté du trottoir, jel'aperçus qui montait dans un pousse-pousse. Elle portait une lourde coiffe en forme de coque et un manteau somptueux.

Elle me vit, fit semblant de ne pas me reconnaître, et s'éloigna dans l'obscurité comme une déesse qui rejoint les cieux.

Après mon affectation en Mandchourie, je me présentai chez elle, où sa mère m'accueillit. J'attendis longtemps dans une pièce isolée en buvant du saké. Tard dans la nuit, elle rentra d'une réception officielle. Elle était vêtue d'un kimono noir, au bas duquel des vagues d'or étaient brodées sur une mer grise peinte à la main. Ses cheveux étaient mouillés par la pluie fine et glacée. Elle les essuya avec son mouchoir. Il y avait des années que je ne l'avais pas revue. Ses joues, qui se creusaient légèrement, soulignaient la dureté de son regard. Elle avait l'air épuisée. En examinant son visage devenu celui d'une femme, je me sentis trahi.

Elle s'assit face à moi, les yeux baissés, les mains sur les genoux. Son attitude timide me rappela notre promenade dans le parc. Nous observâmes un long silence. Entre elle et moi, il y avait un fleuve que nous n'avions pas la force de traverser.

_ Je pars en Mandchourie.

Impassible, elle ne cilla pas.

_ Je ne vous oublierai jamais, me dit-elle.

Cette parole me suffit. Je m'inclinai profondément devant elle et me levai. Elle demeurait immobile. Aucune larme, aucun soupir ne marqua cet adieu, âpre et libérateur.

"La Joueuse de go" de Shan Sa

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