Ken no yami

Tears' blood

Just want to sleep waiting for you

le 18/04/2008 à 21h49
Ca fait mal de se prendre un freesbee dans la joue gauche.
° Mais ce n'est pas pour ça que j'ai pleuré °
Je n'ai pas dit que je me l'étais pris. Ca n'aurait rien changé.
° Je ne savais pas pourquoi je pleurais °
Quand elle est rentrée elle a demandé pourquoi il y avait de la boue dans l'entrée.
° J'aurais pu reprendre le jeu immédiatement, mais j'ai pleuré. Sans savoir pourquoi °
J'ai encore menti. J'ai dit que ce n'était pas moi.
° Quand elle me l'a dit j'ai réalisé pourquoi j'avais pleuré. Faut croire que j'ai un don °
J'ai fuit, encore une fois. Je voulais pas qu'elle me crie dessus. Un freesbee ça suffit.
° Comme la dernière fois quand je l'avais lu dans les cartes. Une saloperie de don. °
Et puis je me suis dit que j'avais eu foutrement raison de rien lui dire.
° Comme quand j'avais vu sa mort à elle °
Quand j'ai vu les yeux avec lesquels elle me regardait, je me le suis dit.
° Mais si je pleurais ce n'était pas pour sa futur mort à lui °
L'autre jour aussi elle était énervée contre moi. Pourtant si je lui ai pas dit...
° Je réalisais que je ne voulais pas qu'elle meurt °
Si je ne lui ai pas dit qu'il en manquait c'était parce que je m'en serais achetée toute seule...
° Je ne voulais pas qu'elle meurt. Et lui non plus. Je voulais que mes parents restent en vie °
J'ai toujours aimé me débrouiller toute seule sans l'aide de personne.
° Je ne voulais pas avoir à annoncer une telle chose à mon enfant un jour °
Depuis le temps...
° Lui annoncer que les médecins ont dit que c'était fini et qu'il fallait attendre °
Elle devrait le savoir, non ?
° Je pleurais pour eux. Pour le jour où ils ne seraient plus là °
Ou peut-être que c'est moi qui aurait dû faire un effort et lui dire.
° Peut-être que c'est pour ça que j'aime tellement savoir me débrouiller seule °
Peut-être que j'aurais dû lui parler. J'ai toujours eu peur des mots.
° Pour moins souffrir quand ils ne seront plus là °
Je ne sais pas courir après les autres. J'ai peur du rejet.
° J'ai pleuré parce que je me détestais de la détester autant °
C'est un cercle vicieux. Je déteste les cercles vicieux.
° J'ai pleuré parce qu'en fin de compte moi aussi je fuis °
Je me déteste de me laisser emprisonner dans un tel cercle.
° J'ai pleuré parce que je me détestais de pas avoir ce courage °
Pourtant, c'est tellement facile de le briser. Il suffit juste d'être courageuse.
° Ce courage juste de lui parler à elle. Cette autre elle que j'ai tellement blessé °
Je ne sais pas être courageuse. J'attends que ça passe. C'est tout.
° J'ai pleuré en réalisant que demain je pouvais mourir sans avoir eu ce courage °
Je suis douée pour attendre. Très douée. Mais pas pour faire le premier pas.
° Je voudrais lui parler °
C'est dommage. C'est dommage d'être aussi faible et de s'enfermer toute seule.
° Trop tard. Elle n'est plus là. J'attends toujours le dernier moment °
J'aurais aimé être quelqu'un d'autre.
° C'est toujours quand je perds quelque chose que je réalise combien il m'était important °
Quelqu'un de plus courageux qui n'aurait pas eu peur d'ouvrir la bouche.
° C'est quand elle m'a rayé à son tour que j'ai réalisé combien je voulais lui parler °
Et juste de dire "Je suis désolée".
° Et lui dire ça °

How can such a situation exist ?

le 22/03/2008 à 12h07
[La lettre d'ana]

Bonsoir,

Laisse-moi me présenter. Je m'appelle, ou le nom que les médecins me donnent est Anorexie. Anorexie Mentale est mon nom complet, mais tu peux m'appeler Ana. Nous allons devenir de véritables amies. J'investirai beaucoup de mon temps pour toi et j'attends la même chose de toi en retour. Dans ton passé, tu as déjà dû entendre dire de toi, par tes professeurs ou tes parents, que tu es quelqu'un de très mature et très intelligente... J'aimerais te demander : où as-tu appris à être comme cela? Nulle part! Tu n'es pas parfaite et tu peux mieux faire; beaucoup plus qu'en restant parler avec tes amis, dessiner, écrire, penser... Tout cela ne sera plus accepté dans le futur. Tes amis ne te comprennent pas. Ton inquiétude grandissait quand tu leur demandais : « Suis-je grosse ? » et qu'ils te répondaient : « Bien sûr que non » : Tu savais qu'elles mentaient, comme tes parents. Je suis la seule désormais à pouvoir te dire la vérité. Et si toutes ces personnes te mentent c'est parce qu'ils t'aiment, mais je vais te confier un secret : Au fond d'eux, ils sont déçus de constater ce que tu es devenue : leur fille avec tant de talents est devenue grasse, paresseuse... Mais je vais changer tout ça !

J'attends de toi que tu fasses attention à tes calories et que tu te mettes au sport. Je te pousserai jusqu'à tes limites. Tu ne me résisteras pas puisque tu ne peux pas me défier ! Je commence déjà à faire mon nid dans ton propre intérieur. Je serai là à ton réveil quand tu te précipiteras sur ta balance. Les nombres deviendront à la fois tes amis et tes ennemis et tu prieras tous les jours pour les voir diminuer. Quand tu réaliseras ce que tu es en te regardant dans ton miroir, tu souriras et tu planifieras ta journée : 400 kcal, 2h de sport. Désormais, nos pensées fusionneront. Partout où tu iras je te suivrai : même en cours tu recompteras tes calories du jour. Ce sera toujours trop. Je t'obsèderai l'esprit avec la nourriture, ton poids, les calories, le sport et toutes ces choses. Maintenant, je suis déjà en toi, dans ta tête, ta peau, ton âme, ta chair... Les crampes d'estomac que tu ne prétends pas avoir : c'est moi. Je te dirai ce qu'il faut faire : souris et présente toi comme allant très bien. Arrête de faire du bruit avec ton estomac ! Tu n'es qu'une grosse vache que diable ! Quand arrivera l'heure des repas, je t'expliquerai comment transformer une vulgaire salade en un festin de roi ! Pousse la nourriture sur les bords de ton assiette et fais semblant d'avoir bien mangé. Si tu manges, tout le contrôle sera détruit... C'est ça que tu veux ?? Retour à la grosse vache que tu étais ?? Je te forcerai à regarder les magazines de mode, ces corps parfaits qui te narguent.

Autant te prévenir : tu ne seras jamais comme cela, tu resteras toujours grosse et tu ne seras jamais aussi belle qu'elles. Quand tu te regarderas dans le miroir, je déformerai ton image. Je te montrerai ton obésité, ton corps de sumotori dans lequel tu n'es qu'une enfant affamée. Mais cela, tu ne dois pas le savoir car si tu connais la vérité, tu recommenceras à manger et notre relation sera en danger. De temps à autres, tu te rebelleras (heureusement, pas tout le temps !) : tu t'aventureras en pleine nuit dans la cuisine. Tu ouvriras les placards à gâteaux ou le réfrigérateur tout doucement, sans bruit, les pupilles de tes yeux s'écarquilleront en voyant toute cette nourriture que tu as gardé à distance de toi. Ta main se lèvera toute seule, comme dans un cauchemar, et viendra attraper, machinalement le paquet de chips. Tu ouvriras le paquet non pas pour goûter, mais simplement pour te rebeller contre moi. Tu prendras un autre paquet, tu l'ouvriras, puis un autre, et
encore un autre... Ton estomac deviendra plein et meurtri, mais tu n'auras pas encore fini. Pourtant, je passerai mon temps à te crier dans tes oreilles : STOP la grosse vache !! Tu n'as vraiment aucun contrôle, tu vas redevenir grosse. Quand tout ce cauchemar se terminera enfin, tu viendras me voir, me demander des conseils parce que tu ne veux pas redevenir comme tu étais.

Tu auras violé une règle primordiale : tu auras mangé, et là, tu me supplieras de revenir, tu m'imploreras... Je te forcerai donc à aller aux toilettes, et
tu te mettras à genoux, à mes pieds, fixant la cuvette. Tes doigts viendront naturellement à ta bouche et s'enfonceront dans le plus profond de ta gorge et, avec beaucoup de douleur, la nourriture remontera dans ta bouche. Ce geste, tu le répèteras autant de fois qu'il faudra avant que tu ne commences à cracher du sang et de la sueur. Tu te sentiras malade : je ne veux pas de cela ! Debout ! Tout de suite ! Toi la grosse vache, tu as cherché ton mal. Tu auras le choix dans ta culpabilité : peut-être que je choisirai de te faire prendre des laxatifs et tu viendras t'asseoir sur la cuvette des toilettes le matin de bonne heure. Peut-être aussi tu
te taperas la tête contre un mur afin d'avoir un mal de tête ou alors tu prendras un couteau et voulant voir ton sang dégouliner sur ton bras, tu l'enfoncera doucement sans broncher dans ton avant-bras. Là, tu réaliseras le mal que je t'impose, et tu pleureras toutes les larmes de ton corps. Tu seras dépressive, obsédée, malheureuse, fatiguée.

Tu auras mal mais personne ne t'écoutera. On s'en fiche ? De toute façon, tu t'es fait cela toute seule ! Oh, c'est dur d'entendre ça ? En fait, tu ne voudrais pas qu'il  t'arrive quoi que ce soit ? Je vais te donner quelques trucs qui vont t'aider. Je vais te rendre possible l'inhibition : ne plus avoir d'émotions, donc plus de stress. Toutes tes pensées de colère, de tristesse, d'amour, de désespoir ou de solitude te sortiront de la tête car je vais les remplacer par une table de calcul des calories. Je te permettrai de "loger" dans des vêtements pour enfants et tu deviendras aimable avec tout le monde, sans pour autant t'attacher à eux car maintenant, je suis ta seule amie et je suis la seule qui puisse combler tous tes besoins. J'ai cependant un point faible. Mais personne ne doit le savoir. Si tu décides de guérir et de te faire aider par quelqu'un, raconte quelle a été ta vie avec moi et tout cet enfer s'effondrera. Mais personne ne saura ce que j'ai fait de toi : je t'ai créée, cette minceur, cette maigreur, cette perfection, la course au corps d'enfant. Sans moi, tu n'es rien, donc ne cherche pas à t'en sortir : quand les autres te font des remarques, ignore les, oublie les. Oublie toutes ces personnes qui essaieront de nous séparer l'une de l'autre. Je suis et resterai la seule personne qui puisse te maintenir sur le bon chemin. Bienvenue, dans ce jeu dangereux.

Avec toute mon affection,
Ta future meilleure amie Ana

[Fais passer cette lettre voici le début de ton investissement dans la tribu pro-ana]


Mais...
Mais OMG quoi !!!
Stop...
Stop...

Pas pour eux

le 07/01/2008 à 00h48
'Arrive pas à dormir... Je veux même pas savoir pourquoi... Si je m'en rapelle ça me fera trop mal...

(se souvenir qu'hier, à la même heure, elle était dans une petite chambre à elle et rien qu'à elle, auprès de personnes avec qui elle aurait voulu rester pendant une durée indéterminée...)

'Revenue hier, à 19h49, train pile à l'heure (pour une fois), quelle chance ! Mais pas lui... Non lui, il avait du retard... Mon père a toujours eu beaucoup de mal pour être à l'heure de toute façon...

("alors, c'était bien l'Espagne ?" "ah oui quand ils font la fête les espagnols c'est quelque chose ! on s'est couchés à 3h du matin" "waow ! Charlotte et moi on était un peu crevées dont on s'est couchés à minuit, vous avez fait pire que nous ! vous êtes horribles !" "aha ! on a dansé toute la nuit oui !" "maman aussi ?")

Pas grand chose de changer, c'était pareil en fait... Ca ressemblait encore et toujours à un musée... Pourtant... Quand j'ai ouvert ça m'a paru.. Neuf... Comme si les murs avaient été repeints... Quand je l'ai vu elle, elle avait l'air d'aller mieux, mieux que d'habitude. Elle a toujours aimé les endroits où y'avait la mer et le soleil de toutes façons...

("on a dansé jusqu'à 3h du matin !" "c'est bien maman, continue comme ça ! nous on a fait le concours de celui qui mangerait le plus de crêpes et j'ai gagné d'abord !" "aaah !")

Bien dormi, tellement bien dormi... Des rêves étranges certes, mais dont je me souviens, la preuve que j'ai bien dormi cette nuit-là. En général, plus mes rêves sont farfelues plus c'est la preuve que je vais bien. Et puis le lendemain, dimanche,

* Des fois, j'ai l'impression que je fais mal mon travail de maman, que je m'occupe pas bien de toi, que je fais pas assez, et ça me gêne... *

le repas traditionnel de ce jour... En famille...

("on a décidé de retourner fêter le nouvel an chaque année en Espagne !" "ah.. d'accord !" "et cet été, le 15 juillet, on organisera une fête pareille à la maison !" "ah d'ailleurs....." "... ou est-ce que tu veux aller en juillet ?" "j'aimerais bien rester à Paris..." "......")

Tout ce que je voulais, c'était les voir, c'était le voir, c'était qu'on soit tous rassemblés, être auprès de gens que j'aime, encore une fois. A croire que j'adore me persuader que tout est possible et persévérer dans les projets qui ne seront réalisables que quand je serai majeure et plus habitante de ce musée...

("......." "bon... très bien..." "et puis d'abord, il y a l'année à terminer..." "je sais." "à terminer en passant dans une classe supérieure." "oui, je sais ça")

* Mais si maman, tu le fais ! Et puis bon, moi... Il en faut peu pour me rendre heureuse de toute façon ! Je demande pas grand chose ! *

C'est pas grave. Comme qui dirait, ce qui ne tue pas nous rend plus fort. Peut-être que j'agis en égoïste en publiant ça, mais pourquoi le garder pour soi ? Pourquoi est-ce que je ferais comme avant et garderais tout ? Souffrir en silence... Non, c'est plus pour moi, désolée, j'ai déjà donné... Oui, je vais avoir 17 ans, pas 18, mais un an ça passe vite, maman... C'est pas grave. C'est vraiment pas grave. Pas besoin de culpabiliser ou de s'excuser. Ma vengeance n'est jamais verbale. Elle est écrite. Elle sera notée sur mon bulletin de fin d'année. Et sur l'autre. Et encore sur l'autre. En fait c'est plus facile de travailler quand on a une certaine forme de rage au ventre...

("tu sais Jenny, à Rocroy, on sera toujours traités comme de la merde, c'est pour ça que je me suis dit qu'à partir de maintenant, j'en aurais plus rien à foutre de leurs commentaires à la con, parce qu'on sera jamais bons pour eux, sauf les têtes d'ampoule douées de naissance. j'ai décidé de bosser, mais pas pour eux, pas pour mes parents, juste pour moi, pour me prouver que même sans être super intelligente je peux y arriver. et pour voir leur gueules à tous quand j'y serai arrivée. je me contente du ventre de la classe, la tête je sais bien que je suis un peu trop gourde sur les bords pour l'atteindre. c'est pour toi que tu travailles avant tout, et pas pour cette bande d'hypocrites." "ouais !" "et comme ça, après je sais pas si tes parents c'est pareil, je sais que les miens auront rien à me refuser. personnellement j'aurais rien à me reprocher. je sais que je travaille donc j'ai pas à culpabiliser. c'est comme pour le mensonge et la vérité. tant qu'on dit la vérité on a rien à craindre.")

'Arrive pas à dormir... Quand j'ouvrirai les yeux, il faudra que je me traîne jusqu'à un bahut où une seule personne a besoin de moi dedans, Jenny... Il faudra que je rentre le soir, que je fasse mes devoirs, puis que je me souvienne qu'il y a deux autres personnes avec moi dans ce musée. Deux personnes qui ne me connaissent pas suffisamment pour savoir ce que c'est le peu qui me rend heureuse...

La perte ne s'écrit pas...

le 10/08/2007 à 23h09
Au temple

Il y a un poème intitulé

La perte

Gravé dans la pierre

Il tient en trois mots

Que le poète a rayé

On ne peut pas dire la perte

On ne peut que la ressentir

"Mémoires d'une Geisha"

Pareille, ce soir...
Je ne saurais dire ce que je ressens...
Comment le dire ? Comment l'exprimer ?
En ces heures sombres, je cherche quelque chose...
Sans savoir ce que c'est...
Mon coeur s'est remis à saigner, moi qui le croyait redevenu imperméable à tout...
Je voudrais pleurer, mais encore une fois, ça ne sort pas...
Au milieu du sang et des larmes, il y a une étincelle de lumière...
Une petite bouffée de bonheur qui s'envole dès que je tends les doigts vers elle...
Et qui me fait me sentir encore plus misérable et méprisable...
Alors pour me punir, j'enfonce le couteau un peu plus...
Ca fait mal et ça fait rien...
Ca me rend triste et ça fait du bien...
Dans la nuit...
Une petite fille a honte et se cache sous ses couvertures...
Elle sourit quand elle entend les pas effrayants s'éloigner...
Avant de se rendre compte...
Qu'elle est lâche...
Et qu'elle n'a pas été punie...
Pour la bêtise qu'elle a commis...
Au loin, le cadavre d'une araignée pourrit..
.
Je voudrais dormir...

Mais comment ?
Je veux... Je ne peux pas...
Un chat miaule de l'autre côté du mur à la lune...
J'écoute les murmures qui viennent du sol...
Tranquille...
Puis vient la larme...
Larme unique...
Elle coule et se perd dans mes cheveux...
Pourquoi ?
Pourquoi pleures-tu petite fille ?

C'est vrai que ça va être la fin du monde ?

C'est Arthur qui me l'a dit...

Est-ce que les anges vont mourir ?

Réveil...
Tu ouvres les yeux...
Les terreurs de la nuit se sont envolées, rassure-toi...
Non... Non ça ne s'envolera jamais...
Le cadavre de l'araignée pourrit toujours dans le couloir...
Devant la porte de la salle de bain...
Et moi, j'ai toujours aussi froid...
Habille-toi, ça va s'arranger tu verras, tu es forte, hein ?
Tu traverses la maison sans peur, cette vieille maison hantée qui t'a effrayé...
Tu es grande maintenant, tu n'as plus peur, tu vois ?
Alors, pourquoi est-ce que je tremble ?
Si je suis forte, si je suis grande...
Pourquoi ces paroles dansent dans ma tête ?
Et ces lignes que je connais par coeur devant mes yeux ?
Arrête ces questions, tu te fais du mal...
Traverse le jardin...
Toutes ces mauvaises herbes me griffent les jambes...
Il faudrait vraiment l'arranger ce jardin...
Dis, tu crois qu'on le fera un jour ?
Que tout sera beau et réparé comme avant ?
Moi j'y crois...
Et on entendra des cris et des rires d'enfants...
Dans les couloirs de cette maison hantée ?
Le cadavre de l'araignée aura été oublié ?
Bien sûr ! Moi j'y crois !



Pourquoi t'enfuis-tu soudain ?

Pour rien...

J'ai cru voir deux petites filles au loin...

Qui jouaient près de la cabane de mon enfance...

Et ?

Elles m'ont fait peur...

Pourquoi ?

Elles se tenaient la main...







Lay me to sleep

le 04/08/2007 à 18h44
This is what I brought you
This you can keep
This is what I brought
You may forget me
I promise to depart
just promise one thing
Kiss my eyes
And lay me to sleep

  Et elle, elle marchait... Dans ce monde entre lumière et ténèbres, où elle s'était promis d'avancer quoi qu'il arrive... Aller de l'avant, toujours, toujours... Ne jamais s'arrêter... On peut jeter un coup d'oeil de temps en temps par-dessus son épaule, mais ne plus jamais s'arrêter... Jamais ? Jamais. Alors, elle fermait les yeux, haussait les épaules, et continuait son route, les bras à l'horizontal... Equilibriste sur ce mince fil...

This is what I brought you
This you can keep
This is what I brought
You may forget me
I promise you my heart
Just promise to sing
Kiss my eyes and lay me to sleep.
Kiss my eyes and lay me to sleep.

   Pourtant, elle n'a pas pu s'en empêcher. Pourquoi t'es-tu arrêtée, idiote, pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a de si intéressant pour que tu t'arrêtes ? Je la tire par l'épaule, le bras, je la tire vers l'avant, allez avance ! Pourquoi ne bouge t-elle pas ? Allez, bouge gamine ! En équilibre sur ce fil invisible, ses tristes boucles d'un ancien blond répandues autour d'elle, ses yeux verts où la lueur a disparu pour le moment... Qu'est-ce que j'aimerais la faire revenir... Je croyais que c'était réglé, que s'est-t-il passé, petite fille, pour que la lumière disparaisse dans ton regard ?


   Et elle fixe... Un point lointain de ses yeux éteints... Une fenêtre se dessine dans l'obscurité, les traits blancs dans le noir tracent rapidement une poignée. Et elle l'ouvre... Elle ne peut pas s'en empêcher, elle l'ouvre, elle ne peut pas s'en empêcher... Elle regarde sur quoi donne cette fenêtre... Elle se demande si c'est un miroir, mais elle sait bien que non...


This is what I thought
I thought you'd need me
This is what I thought
So think me naive
I'd promise you a heart
You'd promise to keep
Kiss my eyes and lay me to sleep.
Kiss my eyes and lay me to sleep.
Kiss my eyes and lay me to sleep.


   La petite fille contemple l'autre petite fille... Assise sur son lit, les jambes repliées contre son corps, les entourant avec ses bras, la tête enfouie contre ses genoux. Elle regarde ses épaules qui se soulèvent au rytme de ses sanglots. Cette petite fille qui pleure elle aussi un amour perdu, elle pourrait presque voir son coeur qui se déchire lentement... Lentement parce que ça fait plus mal... Doucement, pour ne pas l'effrayer, elle referme la fenêtre. Elle reprend sa marche, un pied devant l'autre. Et dans le noir qui l'entoure elle se met à chantonner. Chanter pour oublier. Oublier ce qui coule de ses joues. Oublier ce que ses yeux se mettent à déverser...

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