Ken no yami

Musiques

~ Transylvania ~

le 02/07/2008 à 19h15
Ann Boleyn she kept a tin
Which all her hopes and dreams were in
She plans to run away with him forever
(Never to be seen again)

Leaves a note and starts to choke
Can feel the lump that's in her throat
It's raining and she leaves her coat in silence

We're sorry but we disagree
The boy is vermin can't you see?
We'll drown your sins in misery
And rip him out of history

People marching to the drums
Everybody's having fun
To the sound of love
Ugly is the world we're on
If I'm right then prove me wrong
I'm stunned to find a place I belong

Who-oo is your lover?
I never tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell
Ooo means is your lover?
I couldn't tell
When will this stop??

Racing pacing in the dark
She's searching for a lonely heart
She finds him but his heart has stopped
She breaks down

We're sorry but your majesty
Refusing orders from the Queen
Results in a monstrosity

Remembers a voice and hears him sing

People marching to the drums
Everybody's having fun
To the sound of love
Ugly is the world we're on
If I'm right then prove me wrong
I'm stunned to find a place I belong

Who-oo is your lover?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell
Oooo means you love her?
I couldn't tell
When will this stop??

(Instrumental)

People marching to the drums
Everybody's having fun
To the sound of love
(Oooohhh)
Ugly is the world we're on
If I'm right then prove me wrong
I'm stunned to find a place I belong

Who-oo is your lover?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

Oooo means you love her?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

Who-oo is your lover?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

Oooo means you love her?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

Who-oo is your lover?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

(People marching to the drums)
Oooo means you love her?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

(People marching to the drums)
Oooo means you love her?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

(People marching to the drums)
Who-oo is your lover?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

(People marching to the drums)
Oooo means you love her?
I couldn't tell
When hell freezes over?
That's when I'll tell

I couldn't tell
(Tell)
(Tell)
When will this stop?

~You raise me up ~

le 19/08/2007 à 04h53
Juste parce que ce soir je l'ai chanté bien haut et bien fort. Plus fort que tous les autres soirs. Et juste parce que j'en ai envie. Juste parce que deux sentiments se mélangent en moi, une fois encore. Après tout, entre eux, il n'y a qu'une mince barrière. Mais qu'importe. Ce soir-là sera plus beau que tous les soirs car j'aurais chanté de tout mon coeur.

When I am down and, oh my soul, so weary;
When troubles come and my heart burdened be;
Then, I am still and wait here in the silence,
Until you come and sit awhile with me.

You raise me up, so I can stand on mountains;
You raise me up, to walk on stormy seas;
I am strong, when I am on your shoulders;
You raise me up... To more than I can be.

There is no life, no life without its hunger;
Each restless heart beats so imperfectly;
But when you come, and I am filled with wonder;
Sometimes I think, I glimpse eternity.

You raise me up, so I can stand on mountains;
You raise me up, to walk on stormy seas;
I am strong, when I am on your shoulders;
You raise me up... To more than I can be.

You raise me up, so I can stand on mountains;
You raise me up, to walk on stormy seas;
I am strong, when I am on your shoulders;
You raise me up... To more than I can be.

You raise me up, so I can stand on mountains;
You raise me up, to walk on stormy seas;
I am strong, when I am on your shoulders;
You raise me up... To more than I can be.

You raise me up... To more than I can be.

Cela peut vous paraître obscur, et je m'en excuse... Mais je me comprends !

Allô Lola ?

le 06/07/2007 à 23h14
Allô Lola c'est encore moi
J'ai beaucoup pensé à toi Lola
Allô Lola ne raccroche pas
Ne mets pas de ola Lola ola

Allô Lola comme un garçon
J'ai le coeur qui fait boum
Et les cheveux longs
Allô Lola comme un garçon
C'est la première fois pour moi que tes yeux me font
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Ola Lola c'est
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Lola c'est osé

Allô Lola oui c'est bien moi
Je n'ai pas dormi pour toi
Je n'en reviens pas
Allô Lola ne raccroche pas
Lola lit dans l'au-delà ma jolie Lola

Allô Lola comme un garçon
J'ai le coeur qui fait boum
Et les cheveux long
Allô Lola comme un garçon
C'est la première fois pour moi que tes yeux me font
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Ola Lola c'est
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Lola c'est osé

Allô Lola comme un garçon[garçon, garçon, garçon...]
Allô Lola comme un garçon[garçon, garçon, garçon...]
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Ola Lola c'est
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Lola c'est osé
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Ola Lola c'est
Boum boum boum boum boum boum boum boum boum
Lola c'est osé

{ J'ai tenté de rattraper un pétale au vent... Mais pourquoi rattraper l'insaisisable ? }

{ Je préfère que mes doigts attrapent une main qui m'aidera à me lever et avancer... }

Lunae arcana est...

le 19/06/2007 à 03h45
"Wolfen" (Das Tier in mir)
E Nomine


"Silva in lumine
Lunae arcana est
Domus mea
Silva in lumine
Stella rum est

Dunkle Wolken  und finstere  Gedanken
die Vollmondnacht zerbricht meine Schranken
in mir kommt die Gier auf Getier
das ich massakrier'
ich spür diese Lust, den Blutrausch jetzt und hier
tief in der Nacht die funkelnden Sterne
ein süber Geruch zieht mich in die Ferne
Hab acht wenn ganz sacht in der Nacht
meine Glut entfacht

Fremde Gedanken, wilde Gelüste
das Verlangen nach zartem Fleish von Brüsten
will reiBen, will beiben, zerfleischen, zerfetzen
bei lustvoller Jagd meine Beute hetzen
glutrote Augen folgen deiner Spur
die Witterung führt über weite Flur
ich mutier' zum Tier, bin ein Geschöpf der Nacht
ich bin der Jäger des Mondes, bis der Morgen erwacht

Es ist das Tier in mir
es weckt die Gier in mir
hab dich zum Fressen gern
kannst du mein Verlangen spür'n

Silva in lumine
Lunae arcana est
Domus mea
Silva in lumine
Stella rum est"

*~*~*

"Loups" (cet animal en moi)

"La forêt dans la lumière
La lune est secrète
Mon domaine
La forêt dans la lumière
L'étoile est ronde

Sombres nuages et pensées lugubres
la nuit de pleine lune brise mon enclos
en moi vient la voracité des animaux que j'ai massacré
je sens cette envie, le murmure du sang
profonde dans la nuit, l'étincelante étoile,
une douce odeur m'attire vers le lointain
Mais attention, quand chaque chose de la nuit attise mon ardeur
et éveille le chasseur en moi

Etranges pensées, envies sauvages
qui réclament de la viande tendre de poitrine
'veux déchirer, 'veux mordre, déchiqueter, lacérer
avec plein d'envie traquer ma proie
des yeux rouge ardent suivent ta trace
le temps conduit vers un large couloir
Je me transforme en animal, je suis une créature de la nuit
je suis le chasseur de la lune, jusqu'à ce que le jour s'éveille

C'est l'animal en moi !
ça éveille la voracité en moi/envers toi
Je t'aurais bien à bouffer !
peux-tu sentir mon désir ?

La forêt dans la lumière
La lune est secrète
Mon domaine
La forêt dans la lumière
L'étoile est ronde

*~*~*

A la louve...

Je voudrais pouvoir consoler

Prendre doucement contre moi

Sans crainte d'être griffée

La louve contre moi

J'aimerais pouvoir sauver

Sans crainte qu'elle ne s'enfuît

Mais j'entends une voix murmurer

Il n'y a qu'elle qui le puisse

Alors je reste ici

Prête à l'accompagner

Dans cette sombre nuit

Où je l'entends hurler

A la lune...

Sen Chizu



Je ne puis exprimer ce que je ressens ce soir

Par un poème, un texte, ou même une phrase

Je ne dirai que cela

Et quand je me relirai plus tard, je me comprendrai

Car je ne veux pas oublier ce que d'autres veulent noyer...

Le plus triste ou le plus horrible

Comme le plus joyeux et le plus désirable

Je le garderai au fond de moi à jamais

Jusqu'à mes cent ans...

Jusqu'à ce que tous soient morts sauf moi...

Je garderai en moi toutes les mémoires...

Elles me sont toutes précieuses et irremplaçables...



Recueillir tout ce qui vous ronge

Vous aider du mieux que je le peux

Je le souhaite, j'essaie de le faire chaque jour

Le fais-je bien ? J'aimerais savoir...

Mais je ne poserai pas de questions, je ne crois pas que ce soit la bonne solution...

J'agis sans savoir, par intuition, par ce que j'ai acquis, par mon expérience...

Mais pauvre humaine que je suis...

Pourrai-je toutes les sauver ?

Non, je ne prétends pas à cela...

Être moi-même, c'est tout...

Si je le suis

Alors je n'aurais rien à me reprocher...



Je me contenterai d'écouter

De regarder

Scruter le monde autour de moi

Et penser

Je ne suis pas douée pour consoler

J'ai peur de trop m'approcher

De mal agir

De blesser sans le vouloir

Alors je me contenterai

De parler

Je voudrais vous prendre dans mes bras

Mais en ais-je la permission ?

De vous prendre dans mes bras...

Comme j'aimerais si souvent l'être...

Je ne sais pas...

Mais je reste...

N'ayez pas peur de moi...



Pourtant, au fond de moi
Je ne suis pas sûre
De moi
Mais je me dis
Que ce n'est pas grave
Laisser le temps filer
Et agir comme je l'entends
Sans prétendre être sage
Car je ne le suis pas
C'est le mieux
Du moins je crois

18/06/07




 

     

Réflexion d'une nuit...

le 15/06/2007 à 09h51
Et le soir, comme à son habitude, elle tapait un message sur son forum rpg... Comme d'habitude...

***

Ce feu
qui brûle en moi ---
désir de suicide

Sumitaku Kenshin


Une voix... Qui surgit dans le brouillard qui lui tenait lieu d'esprit... Une épée qui transperçait le silence de ce lieu si paisible et tranquille entre tous... Comme un coup de poing dans le ventre qui ramène à la réalité, brusquement, lorsque vous vous apprêtez à plonger dans ce flot opaque et tumultueux que représentent vos pensées... Ne songer plus à rien... Mais elle ne put se noyer en toute tranquilité, au milieu de ses eaux qui l'entouraient, calmes et discrètes, transportant les troncs d'arbres déracinés de leur terre natale sur leurs surfaces... Même la terre avait l'avantage sur l'eau dans ces environs... Ce jardin flottait l'entourait, tombeau de plantes et de bois, d'algues et autres créatures des profondeurs... Tapies dans les recoins sombres... Déception serait leur unique récompense aujourd'hui... Elles ne l'attireraient pas dans leurs griffes...

Elle ne vous est pas destinée, créatures de l'ombre, passez votre chemin !


Car lentement, son esprit remontait vers la lumière, progressivement, gravissant l'escalier de la conscience qui la coupait du reste du monde qui tentait de la haper vers lui... La jeune fille, au milieu des chaudes couleurs de ce paysage, sous les feuilles des arbres qui embrassaient le sol, détailla celui qui venaient de lancer cette poignée de mots au vent vers elle... Jeune... Il semblait jeune, mais plus vieux qu'elle cependant. Son savoir, chose qu'elle ne possédait pas, se lisait dans ses yeux, ses connaissances étaient plus approfondies que les siennes... C'était un élémentaliste, c'était évident, mais lui devait avoir quitté l'école depuis longtemps... Les yeux marrons de l'halfling s'attardèrent dans les siens, pendant que, dans un demi état où elle reprenait connaissance, elle laissait ses sens parler pour elle...

Et dans ses yeux elle lut...


Douleur... Douleur, mort... Douleur, mort, perte... Cet homme qui au premier abord lui avait semblé l'image même d'un chevalier, ceux de ses anciens contes qu'elle se plaisait à écouter le soir, racontés par une douce voix, avait lui aussi rencontré la douleur, et lui non plus, elle ne l'avait pas épargné... La perte d'un être cher... De plusieurs êtres chers... Et puis après, l'effort, l'effort pour survivre, pour avoir encore l'audace de vivre... Pour se raccrocher à une existence qui ne tient qu'à un fil... Elle, dans son innocence, elle se disait que si le fil cassait, ce n'était peut-être pas si grave que ça, elle pourrait toujours se pendre avec... Lui l'avait saisi à pleines mains, pour remonter, et devenir un homme fort... Quelqu'un sur qui on pouvait compter, accorder toute sa confiance...

L'aura...


La dureté... L'autorité... La sévérité... La froideur... La vanité... L'arrogance... Prendre les autres de haut... Tous ces sentiments écrasèrent la petite chose qu'elle était, comme deux mains se plaquant fermement sur ses épaules dans l'espoir de la faire tomber, elle crut presque que ses genoux allaient céder... Son corps chancela, mais elle ne la lâcha pas plus que ça du regard, elle voulait savoir, comprendre, comprendre pourquoi... Oui... Oui c'est vrai... Pour surmonter les épreuves il faut savoir devenir impitoyable, il faut apprendre à endurcir son caractère, à se méfier de tout et à mépriser tout... Mais... Au fond de soi... Rien n'empêche de conserver un coeur... Non ? Un peu de bonté dans ce monde si imparfait... Ou alors, l'espoir ne serait qu'un mensonge ? Non, non elle ne le croyait pas, et lui non plus... Lui aussi avait gardé ça, quelque part au fond de lui...

Et elle sentit...


Dans cette aura où tout ceci se mêlait comme les eaux les emprisonnant, ça parvint droit jusqu'à un point inconnue d'elle-même, quelque part dans ce qui la formait et faisait qu'elle n'était rien d'autre qu'elle... Dans ses origines au loin... Très loin... Elle le reconnut... Un elfe... Encore... Certes, il n'y avait pas de quoi s'extasier, cela n'avait rien d'extraordinaire puisqu'elle en avait déjà croiser une il n'y avait peu de temps, avant... Avant qu'elle ne sombre encore...

Non, n'y pense pas...

Cela la réconfortait presque... Cela aurait pu la réconforter, dans l'angoisse où elle s'égarait, après tout, lui aussi... C'était un elfe... Sa fascination pour cette race n'était dû qu'à lui et à lui seul, sans lui, elle aurait coupé court à toute sa vie d'avant... A vrai dire, sans lui, elle ne serait même pas là, à regarder cet homme....

Que venait-il de lui dire déjà ?


- Jeune fille, n’approche pas, je sais que tu es sans cesse obsédée par cette présence qui est à l’intérieur et que tu ne veux point accomplir ce qu’il te fait accomplir, mais reprends courage, tu es forte ! le feu peut t’aider, utilise tes pouvoirs ne te laisse pas submerger par tant de cruauté ! Dompte cet être, calme le et tu pourras devenir plus puissante que tu ne l’est à présent, sois forte !


Son regard ne le quittait pas, elle demeurrait là, ne bougant plus, semblant même paralysée... Campée sur ses deux jambes qui baignaient encore dans l'eau, elle ne cessait de le dévisager... Elle avait l'impression que son sang s'était figé dans ses veines, et que plus aucun mouvement ne lui était possible, clouée sur place, seule sa respiration, lente et régulière, donnait encore signe de vie au reste de son corps...

Une seule pensée, qui tournait inlassablement dans son esprit affolé, qui tournait en rond sans s'arrêter... La figeant de peur à chaque tour achevé, pour mieux recommencer...


* Comment sait-il ? Comment sait-il ? Comment sait-il ? *

Jusqu'à qu'elle n'en puisse plus... Cela ne lui fut pas long de comprendre comment il savait, la tâche ne devait pas être bien difficile pour ceux de sa race, pour ceux qui sentaient en général... Combien, parmi tout ceux qu'elle avait cotoyé, l'avait entrevu, avait pu percevoir sa présence ? La présence de... Cette horreur en elle ? De cette noirceur... De cette...

Pourriture...

Elle ne comprenait pas, vraiment pas... Et ce petit mot qui revenait sans arrêt, comme un refrain, n'ayant jamais de fin...

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Personne n'était capable de répondre à ce pourquoi, de lui fournir une réponse, qu'elle attendait à n'en plus finir, chaque jour, chaque instant où il la laissait consciente de ce qui se passait autour d'elle, où il daignait lui accorder des moments de répit... Pour constater les désastres et tenter de les réparer du mieux qu'elle le pouvait, lui jetant son incompétence et sa faiblesse à la figure comme un linge malpropre qui sentait... Ne rien faire quand tout s'écroule autour de soi... Qui a t-il de pire ? De voir qu'en fin de compte, on n'est rien...

Et dans cette petite grande âme, innocente de tout péché malgré ce qu'elle pouvait bien penser, cette âme toute blanche comme la neige où elle aurait voulu s'étendre et mourir, rendre son dernier souffle...

La tâche apparut... Encore une fois...

La tâche noire qui la pourrissait, la faisait grandir et appartenir de plus en plus au monde des adultes au dépit de sa volonté... Ce monde dans lequel elle n'aurait jamais souhaité mettre le pied, un seul orteil... Rester dans son innocence et sa pureté... Elle aurait mille fois préféré mourir comme ça... Mais déjà le fait qu'elle puisse, ne serait-ce que songer cela, prouvait qu'elle y était déjà entré... Et c'est le genre d'endroit dans lequel, une fois entré, la porte pour retourner de l'autre côté est bloquée... A jamais...

Alors, que fait-on ? Qu'est-on dans l'obligation de faire pour survivre à cet endroit infecte ?

On grandit... On grandit toujours...

Et ça grandissait... Ca grandissait tout au fond d'elle, l'emplissant peu à peu... Cette tâche noire la faisait sienne...

La haine... L'envie meurtrière... Gonflaient, gonflaient en cette jeune halfling, dénudé pourtant de ces deux sentiments en temps normal... Mais à ce moment précis, elle s'en nourrissait, et plus rien ne comptait à ses yeux qu'eux... Elle en voulait encore, encore plus... Pour mieux encaisser... Pour mieux exister... Dans ce monde qui lui avait porté tous ces coups mortels tout le long de sa brève existence... Pour mieux lutter contre lui... La vengeance...

Puis la colère sortit... Car, enfouie à l'intérieur de soi, ça doit toujours sortir, par quelque moyen que ce soit... De préférence, le plus violent, ça fait moins mal, en tout cas pendant l'instant où ça sort... Bien sûr, quand ça sort comme ça, ça doit trouver une cible, quelque chose pour se défouler... En temps général, elle préférait le contenir, le contenait autant qu'elle le pouvait... Elle serrait les poings et se blessait, tant pis pour elle, elle l'avait mérité...

Mais ne jamais déverser sa rage sur les autres...

Jamais... Jamais...


Ne jamais faire souffrir autrui... C'était sa règle d'or...

Règle d'or qui partit en fumée...

Et la cible aujourd'hui, ce fut lui... Qu'elle regardait toujours... Qu'elle n'avait jamais cessé de regarder, de scruter...


"... Le feu... Peut m'aider ?"

Son regard ancré dans le sien, ses sourcils se froncèrent...

"Qu'ai-je donc à espérer... De ça ? De cet élément..."

Et sa main bougea... Pointant un doigt accusateur sur le cadavre un peu plus loin... Accusant qui ? Elle ou lui ? L'halfling ou le démon ? Elle ne savait pas...

"Croyez-vous que cela m'a aidé à ce moment-là ?"

Un souvenir passa devant ses yeux obscurcis par la colère et l'injustice... Le sentiment d'être incomprise...

Assise à une table... Encore avec son pourquoi pour seule compagnie... Un inconnu dont elle ne put voir les traits s'était assis devant elle...


"Elament... Où tu apprendras à maîtriser ce don...

"Vous appelez ça un don vous ?

Retour au présent... A maintenant... Elle détacha enfin ses yeux de lui, baissant la tête, un ricanement qu'émettait pour la première fois sa gorge enfantine secouant ses frêles épaules...

"Un don... Un don... Un don..."

Son visage se redressa soudain.

"Ce n'est pas un don !!! Regardez ça !"fit-elle, désignant une nouvelle fois le mort."Où voyez-vous un don ? Une once d'acte bénéfique ??"Son ton monta, sa douce voix claire devint plus acérée."Non... Ce n'est pas un don... Ca n'apporte que la mort, que la guerre, que... Votre stupide bataille qui se prépare et qui font mourir de peur ceux qui sont contraints de s'y rendre ! Ca n'apporte rien... Strictement rien..."

Oui, c'est bien... Déverser toute sa rancoeur... Continue comme ça... Ca faisait du bien... Pouvoir haïr librement... Enfin haïr...

"Et vous me demander d'utiliser ça pour le combattre ?"

Un sourire ironique orna ses lèvres...

"Que savez-vous de moi ? De lui ? Si je le pouvais, cela ferait depuis mes trois ans que j'aurais vaincu... Ce démon... Par ma propre volonté ! Mais je n'en suis pas capable... C'est tout le contraire en fait..."

Le ton monta encore... Encore plus proche de la haine et de la rancune...

"Savez-vous ce que c'est d'être soumis à sa volonté ? Alors que la votre, vous savez qu'elle pourrait le vaindre, mais que vous n'y arrivez pas... Et qu'alors vous vous demandez pourquoi, pourquoi vous ne pouvez pas ? Vous le savez ça ? Se rendre compte qu'en fin de compte toute l'opinion de soi qu'on a n'est qu'une chimère... Et qu'en fait, on est juste faible..."

Enfin, ça éclata, parce que depuis le début, le tout début, ça ne pouvait qu'exploser...

"Je ne veux pas être forte !! Je ne veux pas courber l'échine et lui montrer... Me montrer que je me suis résignée à être en dessous de lui, à n'être rien par rapport à lui ! Obéir à cette loi... A la loi du plus fort... Non, je ne veux pas ! C'est à moi de décider si je suis faible ou pas, si je suis impuissante ou si je peux me rebeller, c'est uniquement à moi ! Et pas à lui... En aucun cas... Je n'ai pas à être forte pour lui plaire, ou même pour vous plaire ! Pourquoi n'y aurait-il que cette solution ? Vous trouvez ça normal, vous ? De vous incliner comme ça ? De ne pas protester ?"

Elle n'était vêtue que d'une unique tunique, il était vrai, mais dans son éveil, elle sentait à présent le poids rassurant de sa dague, fidèle arme contre sa cuisse, la ceinture nouée autour de sa fine taille... Prestement, elle s'en saisit de sa main droite, puis l'agrippa à deux mains, la pointant sur sa gorge, sa propre gorge...

"J'ai le droit d'être faible si je le souhaite... J'ai le droit de me donner une chance de le vaincre, même si je ne leux pas... Le droit de me donner une chance de le vaincre tout en étant ce que je suis !"

Ses doigts resserérent leur prise autour du manche de l'arme qu'elle tenait fermement...

"Le droit de vie et de mort sur ma personne ne dépend que de moi, et de personne d'autre en aucune sorte... Et surtout pas de lui !"

Et malgré toute son assurance, elle trembla, car ce qu'elle disait ne faisait que la confirmer dans ce qu'elle pensait d'elle-même... Qu'elle était faible... Se croyait faible... Cela revenait au même, si elle se croyait faible, alors, elle l'était, c'était indéniable...

"Je pourrais me suicider, là, devant vous, qu'est-ce qui m'en empêche ? Vous vous sentiriez... Coupable, non ? De ne pas avoir pu m'éviter la mort... Faible de n'avoir rien pu faire... Et alors vous prieriez pour devenir plus fort... Juste à cause d'une imbécile comme moi ? Vous trouvez ça juste quand je vous le dis ?"

Et elle, elle ne détachait pas son regard de lui... Regard où l'on pouvait lire toute l'interrogation en elle, et où brillait, aussi, une flamme, dans laquelle dansait une férocité naissante, qui voyait le jour pour la première en elle...

***

Et la nuit, couchée dans son lit, la tête posée sur l'oreiller, le regard fixé sur le plafond, elle écoutait, l'esprit embué par le sommeil qui venait...

La nuit se lève, la lune s'élève
Les plus mauvaises nuits
Maudits soupirs, maudits matins
Les plus mauvais matins

Je voudrais juste me coucher, dormir contre toi
Je ne te toucherai pas, juste m'endormir avec toi

Un lit défait à te rechercher
Le désordre et l'absence
La nuit est noire et sans espoir
Et sa présence me manque

L'amour n'est plus qu'une impression,
Qu'une mauvaise impression
Mais la lumière est sale et pâle et seule,
Comme un matin

Mais je ne t'appartiens plus
Tu ne m'appartiens plus,
On ne se connaît plus
Mais je ne t'appartiens plus
Tu ne m'appartiens plus,
On aurait disparu

La nuit se lève, la lune s'élève
Mes plus mauvaises nuits
Maudits soupirs, maudits matins
Mes plus mauvais matins

Je voulais juste me coucher,
Dormir contre toi
L'amour n'était qu'une impression,
Qu'une mauvaise impression

Et si je te revois
Mais si je te revois,
Encore une dernière fois
Alors emmène-moi
Emmène-moi encore,
Encore une dernière fois

Maudits soupirs
Mauvais matins
Et si tu reviens...
Maudits soupirs
Mauvais matins
Et si je te revois
Mais si je te revois,
Encore une dernière fois
Alors emmène-moi
Emmène-moi encore,
Encore une prochaine fois


Et, tout en écoutant, se laissant bercée par la musique, elle pensa :

"La vie est vraiment mal faite parfois..."

Et elle s'endormit... 



©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation